Lundi 13 juillet
Clifden >>> Westport
Tracé vert - La carte d'Irlande peut être agrandie en cliquant dessus.

Aujourd'hui, nous quittons le Connemara et le Comté de Galway. Le ciel est bas et gris. Nous faisons encore le choix de routes moins directes pour rejoindre notre destination.
Nous voyons de beaux paysages et nous ne pouvons nous empêcher de penser combien ils doivent être encore plus beaux sous le soleil ou même rien qu'avec un seul tout petit rayon de soleil. Mais les nuages sont épais, le soleil ne se montrera pas de la matinée.
Nous longeons plusieurs lacs et rivières à saumon.
Surpris hier par le nombre de voitures de fidèles garées à proximité des églises, aujourd'hui nous le sommes par le nombre de moutons. Partout, il y en a partout, notamment sur l'étroite route qui longe le Doo Lough, un lac où il y eut de nombreux morts, sur ses rives, au moment de la Grande Famine, en 1849. Si le sujet vous intéresse, le très beau site "Terres celtes" narre cet épisode tragique et il y a également de belles photos ensoleillées de la Doo Lough Valley.
Faute de pouvoir distinguer les supposés beaux paysages nous environnant, la brume étant de la partie, je ferai la causette avec les moutons à tête noire, bariolés de bleu ou de rose-violet.
Nous sommes maintenant dans le Comté de Mayo.
En début d'après-midi, nous nous arrêtons au pub "The Tavern". Sa façade rouge framboise aura eu un effet terriblement attractif sur nous. Nous y retournerons le soir d'ailleurs.
Nous avons déjà repéré que le B&B pour la nuit n'est qu'à 500 mètres environ. Nous sommes ici à Murrisk, petit village avant Wesport.
J'ai l'impression d'avoir faim et je choisis un plat de mouton (du Connemara est-il précisé sur le menu ! ) cuisiné à la Smithwick's, une bière rousse irlandaise. Les plats (très copieux et appétissants !!) arrivent. C'est bon. Tout se passe bien jusqu'au moment où je viens à penser que je suis en train de manger un copain à tous ces mignons moutons que je vois se balader sur les routes depuis quelques jours... Eh bien, vous allez sûrement rire, mais ça m'a coupé net l'appétit, du moins pour ce plat. Impossible d'en reprendre une fourchette ! Je ne me risquerai pas à reprendre du mouton les jours suivants : les poissons et les poulets sont moins attendrissants et ne coupent pas l'appétit, eux !
Après cette halte, nous reprenons la voiture. Destination : Achill Islands, la plus grande des îles irlandaises, reliée à la terre ferme par un pont. On y trouve les plus hautes falaises d'Europe.
Le paysage est magnifique. Et pourtant, il fait toujours gris.
Alors que nous surplombons la côte déchiquetée en roulant sur l'Atlantic Drive, il se met à pleuvoir. On s'arrête de temps à autre pour faire des photos et filmer. Ce que nous voyons est si grandiose que les gouttes de pluie ne nous dérangent même pas.

N'importe où se portent nos yeux, nous voyons toujours et encore des moutons. C'est vraiment LA journée des moutons.
Comme ce matin, aucun enclos. Partout, ils sont chez eux. Sur la route, dans les prés, jusqu'au bord des falaises...
On quitte Achill Island sans avoir tout vu ; on est attendu au B&B pour 18 heures. La distance n'est pas énorme, mais sur ces routes, on ne peut pas rouler vite.
Aujourd'hui, nous faisons une nouvelle découverte. Olfactive cette fois. L'odeur de la tourbe. Dès le premier jour, à la sortie de Dublin, nous en avions vue, extraite du sol, noire, très noire, en grosses mottes. Parfois, en petits tas espacés sur une grande surface. Toujours noire, très noire. Et voilà qu'on la sent maintenant.
On peut même ressentir sa douce chaleur en arrivant dans la chambre du B&B (qui est aussi reconnu comme étant une Farmhouse, les propriétaires élèvant quelques moutons). Le radiateur est tiède. Ca fait du bien. Au B&B de la veille, j'avais eu froid.
On est bien, on se prépare un petit déca, heureux qu'on est de retrouver cette habitude prise les deux premiers jours et interrompue la veille par l'absence de bouilloire électrique et des petits sachets à granulés dans la chambre ; et pourtant, on n'est pas des adeptes du déca ordinairement.
Pour parfaire le tout, le soleil pointe le bout de son nez ! Enfin !!
On décide alors d'aller se promener à pied dans les environs... On a encore le temps avant de faire notre sortie pub du soir.

Lorsque l'on avait réservé le B&B par internet, on avait été attirés par la montagne noire et ronde qu'on avait aperçue derrière lui, sur sa page de présentation.
Cette montagne est en fait le Croagh Patrick, qui est un lieu de pèlerinage pour les chrétiens d’Irlande. Si son histoire vous intéresse, vous pouvez lire la page qui lui est dédiée sur "Terres celtes".
Notre hôte nous a appris que l'année dernière, le pèlerinage du dernier dimanche de juillet avait réuni 70000 personnes ! Je n'ose pas imaginer l'animation que ça doit mettre sur les routes pour accueillir autant de monde dans ce coin de campagne...
En continuant la petite route qui nous avait menés au B&B, on découvre une plage de galets.
Il fait bon. Ca sent bon l'océan. Je respire à plein poumon.
Le paysage est magnifique de n'importe quel côté on se tourne ! Incroyable. Et les couleurs...
Les petites îles de la Clew Bay nous apparaissent de-ci de-là. Nous les voyons parfois bleu marine, parfois dans les tons verts.
On marche sur les galets, en déséquilibre, sensation rare, on profite.
Derrière la dune, on découvre... l'eau de la Clew Bay, encore ! On dirait qu'elle vient jusqu'aux pieds du Croagh Patrick pour qu'il puisse s'y mirer.
Les nuages jouent avec lui d'ailleurs et semblent ne plus vouloir le quitter.
Les moutons broutent sagement dans leurs enclos ici, pas d'égarés sur la route.
Les chardons se balancent doucement dans la brise marine.
Je suis même séduite par les guirlandes d'oiseaux posés sur les fils électriques, c'est dire !
Pour moi, un des meilleurs moments de ce séjour.

Ce soir là, après le pub, on assiste à un beau coucher de soleil sur la Clew Bay, tout en visitant les ruines de Murrisk Abbey qu'on a finies par trouver !
C'est calme, reposant, un peu mystérieux. Un lieu comme j'aime.
~o~
Et dire que je pensais être moins bavarde en relatant les jours suivants notre difficile départ, je m'aperçois que ça n'est pas du tout le cas.
En fait, écrire tout ça me fait du bien, j'ai l'impression d'y être encore un peu. Ca ne se voit pas en me lisant sur mon blog, mais là en écrivant mes billets, je reprends mon carnet de voyage (le manuscrit, celui que je remplissais au jour le jour), nos photos, le Guide du Routard qu'on avait emporté et... en accompagnement de tout ça, je découvre les écrits sur Terres celtes. Et là, je me dis, vivement qu'on y retourne pour voir ce qu'on n'a pas vu aux endroits là et en découvrir de nouveaux !!
Je vous prépare la suite dès que j'ai un petit moment.